Le système éducatif de Hong Kong

 Avant la colonisation britannique, le système éducatif hongkongais était constitué d’écoles de villages dirigées par des enseignants mandatés par le gouvernement impérial et de quelques écoles ouvertes par des missionnaires européens protestants ou catholiques. A partir de 1841, et surtout de 1860, ces écoles de villages ont été supplantées par des écoles anglaises telles que Queen’s College ou un peu plus tard, en 1890 Central School for Girls. Cependant, à la fin du 19è siècle, la population locale et la population expatriée font toutes deux pression sur le gouvernement colonial pour que soit mis en place un enseignement distinct pour les anglophones natifs et les cantonophones. De nouvelles écoles ont alors été créées pour offrir aux différentes communautés la possibilité de choisir un enseignement adapté pour leurs enfants. Ainsi, plusieurs types d’écoles coexistent encore dans le système éducatif hongkongais.

 

Les écoles liées au gouvernement de Hong Kong

      • Fully Funded government Schools (les écoles gouvernementales de Hong Kong, équivalentes aux écoles publiques françaises) : elles appartiennent au gouvernement, sont intégralement financées par des fonds publics et sont gratuites jusqu’à la classe de quatrième (Form 3). Une participation financière est ensuite demandée aux familles. Elles sont gérées par le ministère de l’éducation local (Education Department).

      • Aided Schools (les écoles subventionnées) : elles constituent l’essentiel du secteur éducatif. La plupart sont construites sur des terrains appartenant au gouvernement mais sont gérées par des organismes indépendants et leurs dépenses sont assurées par le gouvernement selon des ratios préétablis professeur/élèves et élèves/classes.

      • DSS, Direct Subsidy Scheme Schools (les écoles à subvention directe) : cette catégorie d’école a été créée en 1991 pour les établissements sélectifs et étant reconnus comme ayant un haut niveau d’éducation. Elles reçoivent du gouvernement des subventions équivalentes à celles des Aided Schools mais elles sont en droit d’exiger des frais de scolarité élevés (mais cependant évalués selon une échelle qui se réfère à un maximum exigible), déterminer leurs propres curricula et établir leurs critères de recrutement. Elles sont gérées par l’organisme parrain qui a contribué originellement à leur installation.

      • ESF, English Schools Foundation Schools (Organisation qui gère l’essentiel des écoles anglophones) : créées en 1967 par décret, elles fonctionnent un peu comme les DSS mais peuvent fixer librement les frais de scolarité. Elles ont reçu des subventions équivalentes à celles des Aided Schools jusqu’en 1999 date à laquelle le montant en a été gelé autour de 300 millions de HK$. Elles sélectionnent leurs élèves à l’entrée et n’acceptent que ceux qui ont un niveau d’anglais jugé suffisant.

      • Private Schools (Ecoles privées) : ce dernier secteur comprend depuis 1999, les nouvelles PIS ou Private Independant Schools ( Nouvelles écoles privées indépendantes) qui bénéficient de terrains gouvernementaux et de l’octroi de prêts sans intérêts ainsi que d’aides à la construction. En contre-partie, au moins 70% de leur effectif doit être constitué d’élèves locaux. Ceci mis à part, elles ont le même degré d’autonomie curriculaire et financier que les autres écoles privées.

      • Caput Schools Une dernière catégorie d’écoles privées, en petit nombre reçoivent une aide du gouvernement et sont étiquetées 'caput schools'. Ce sont des écoles privées dans lesquelles le gouvernement achète des places pour les étudiants qui ne parviennent pas à en trouver une dans le secteur public. A small number of other private schools receive government support and are labelled.

 

Les trois premiers types d’écoles représentent 90% des écoles du territoire qui est divisé en 18 districts (nets) qui composent une carte scolaire comprenant toutes les écoles primaires et secondaires liées au gouvernement. L’affectation à telle ou telle école se fait selon un système de recrutement (le SSPA : Secondary School Places Allocation System) qui inclut les Government schools, les Aided schools, et les DSS Schools. Ces écoles locales sont classées selon trois groupes (Bands) déterminés par les résultats aux examens et dont le premier accueillera les élèves les plus doués et le dernier ceux qui présentent des difficultés d’apprentissage ou de comportement. La compétition est rude pour intégrer les écoles bien classées.

Parmi ces écoles subventionnées par le gouvernement à des degrés divers, se distinguent les Grant Schools qui ont été créées par les missionnaires et les diverses églises au cours du 19è siècle. Au regard de leur passé et des élèves qui les ont fréquentées, elles jouissent d’une réputation prestigieuse et sont considérées comme l’élite des écoles du territoire (Diocesan Boys' School (1869), La Salle College (1932), Marymount Secondary School (1927), St. Joseph's College (1875)....) Elles ne sont généralement pas mixtes.

Tous ces établissements sont soit des CMI (Chinese as a Medium of Education) qui utilisent le chinois-cantonais comme langue des apprentissages, soit des EMI (English as a Medium of Education) qui utilisent l’anglais. Les écoles peuvent bénéficier de l’aide de Native English Teacher ou NET (professeurs anglophones natifs) qui vont apporter conseils et soutien aux élèves comme aux professeurs locaux. Dans toutes ces écoles (à l’exception des ESF), l’anglais et le mandarin sont des matières obligatoires. Certaines d’entre elles offrent cependant la possibilité de prendre une langue étrangère (rappelons que le mandarin et l’anglais sont des langues officielles du territoire) en option notamment pour les étudiants qui ne sont pas cantonophones ou sinophones.

Pour le moment, les étudiants présentent deux examens : le HKCEE (Hong Kong Certificate of Education Examination) à la fin de l’année de seconde (year5) et le HKALE (Hong Kong Advanced-Level Examination) à la fin des études secondaires. Cependant, la cohorte des élèves entrés dans le secondaire en 2006 suit désormais les nouveaux programmes issus de la réforme du secondaire (The New Academic Structure for Senior Secondary Education and Higher Education) : les deux examens seront refondus en un seul, le HKDEE (Hong Kong Certificate of Education Examination) dont la première session aura lieu en 2012. Signalons enfin que le port de l’uniforme est obligatoire dans tous ces établissements depuis le Kindergarten (l’école maternelle) jusqu’à la dernière année d’enseignement (exception faite des ESF qui acceptent que les élèves de première et de terminale s’habillent librement).

 

 Les écoles internationales :

Les premières écoles internationales de Hong Kong se sont installées sur le territoire autour des années 1960 avec l’Ecole Germano-Suisse et le Lycée Français International (en 1964). La Hong Kong International School qui propose un curriculum américain suivra en 1966. C’est surtout pendant les années 1980 et 1990 que le nombre d’écoles internationales va croître considérablement pour faire face à l’afflux des expatriés de plus en plus nombreux et des Chinois qui ont fait alors le choix de revenir à Hong Kong, notamment après la rétrocession en 1997. On compte parmi elles la Canadian International School (curriculum ontarien), Kellett International School (curriculum britannique), la Singaporean International School, la Norvegian International School, la Japanese International School, la Korean International School, Carmel School (qui est une école religieuse pour les élèves de confession juive) … et bien d’autres encore. La Chinese International School a été la première à offrir un enseignement bilingue chinois/anglais en 1983 et dans le même temps, l’école Sir Ellis Kadoorie Schools propose des enseignements en hindi et en ourdou. Depuis 2000, le Lycée Français International propose également une filière bilingue français/anglais. Les écoles internationales sont libres de choisir leur curriculum : les écoles française et germano-suisse suivent par exemple les programmes français et allemands et reçoivent des subsides de leurs gouvernements respectifs, mais elles comportent aussi chacune une filière internationale dont les enseignements se font en anglais et selon un curriculum international ou britannique. La plupart des écoles internationales ont désormais adopté le IB (International Baccalaureate) comme système d’examen, à la place du A-Level britannique (mais elles conservent cependant le IGCSE en fin de Year 5, équivalent de la seconde). Les élèves doivent présenter six matières : Anglais (si c’est leur langue première, mais cela peut être une autre langue), une seconde langue, mathématiques, sciences, une matière au choix parmi les sciences humaines et une parmi les disciplines artistiques. Les ESF présenteront leurs premiers élèves à cet examen en 2009.

Ces écoles internationales demandent généralement aux parents d’acquérir une part de fondateur (debenture) qui sera reversée lorsque l’enfant quittera l’école. Elles sont aussi payantes et les frais de scolarité s’échelonnent entre 10000 et 200000 HK$ par an. Mis à part le Lycée Français International et l’école Germano-Suisse, elles imposent toutes le port de l’uniforme.

 

Anne-Rozenn L’Hévéder (24 juin 2008)